Méthodes : Il s'agit d'une étude observationnelle réalisée dans trois maisons de santé, situées dans des zones urbaines, semi-urbaines et rurales. Un total de 334 adultes, principalement des femmes (68,9 %), ont participé. Le test PEACCE, outil validé pour dépister l'addiction sexuelle, a été utilisé. Un questionnaire socio-démographique a été administré pour recueillir des informations sur l'âge, le sexe, le statut relationnel, l'utilisation d'internet dans la routine sexuelle, et les antécédents familiaux d'addictions. Les données ont été analysées par des analyses descriptives et bivariées. Résultats : La prévalence de l'addiction sexuelle était de 5,1 % dans l'échantillon global. La prévalence était plus élevée chez les hommes (6,7 %) que chez les femmes (4,3 %). L'analyse a révélé que l'utilisation d'internet dans la routine sexuelle et les antécédents familiaux d'addictions comportementales, telles que les troubles du comportement alimentaire (TCA) et les jeux de hasard, étaient associés à des taux plus élevés d'addiction sexuelle. Aucun participant n'était suivi spécifiquement pour une addiction sexuelle, bien que 11,1 % aient déclaré être affectés par d'autres addictions, comme le tabac ou l'alcool. Discussion : Les résultats montrent une prévalence significative de l'addiction sexuelle, bien que plus faible que celle observée dans d'autres études internationales. La différence de prévalence entre hommes et femmes et l'impact des antécédents familiaux soulignent l'importance de cibler des groupes à risque pour la prévention et le dépistage. L'étude confirme également que l'utilisation d'internet joue un rôle clé dans l'intensification des comportements sexuels compulsifs, un phénomène particulièrement pertinent chez les jeunes. Les biais, notamment le biais de sélection et d'auto-déclaration, doivent être pris en compte dans l'interprétation des résultats. Conclusion : Cette étude offre un aperçu crucial de la prévalence des addictions sexuelles dans les Hauts-de-France. Elle souligne la nécessité d'intégrer des outils de dépistage dans les consultations de médecine générale et de sensibiliser davantage les professionnels de santé. De futures recherches devraient explorer les mécanismes sous-jacents de cette addiction, en tenant compte des spécificités socio-culturelles locales. |